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RUPTURE DES LIVRAISONS DE GAZ RUSSE : RELATIVISER LA DÉPENDANCE DE LA FRANCE...

Avec l’annonce par GRTgaz de « l’interruption du flux physique » de gaz pour la France en provenance de Russie depuis le 15 juin dernier, la question du maintien de l’approvisionnement Français se pose en particulier pour l’hiver prochain.

Officiellement, GRT gaz ignore la cause de cette interruption, mais elle fait suite à la réduction de 60% des livraisons effectuées par Gazprom vers l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream 1, avec pour conséquence le tarissement de l’alimentation française.

Après la Pologne, la Bulgarie et la Finlande, c’est donc maintenant au tour de la France de perdre son approvisionnement en gaz originaire de Russie.

RELATIVISER LA DÉPENDANCE DE LA FRANCE AU GAZ RUSSE

Il faut savoir que la France dépend du gaz russe à hauteur d’environ 17% de son approvisionnement (acheminé majoritairement par gazoduc).

Si cette dépendance française reste limitée, ce n’est pas du tout le cas de l’Europe dans sa globalité dont 40% du gaz consommé actuellement est russe ; 40% pour l'Italie, 55% pour l'Allemagne et près de 85% en Bulgarie.

Dans un contexte de tension prévisible sur l’approvisionnement, en particulier par le gazoduc en provenance de Russie, depuis cinq mois la France à augmenté de 66% ses approvisionnements de gaz naturel liquéfié (GNL) qui eux transitent via des terminaux méthaniers.

RENFORCER LA RÉSILIENCE DU SYSTÈME GAZ

Comme l’a indiqué Thierry Trouvé, Directeur Général de GRTgaz : « depuis la fin février la France et l’Europe ont pris des mesures pour renforcer la résilience du système gaz. »

Comme chaque année, l’été permet de reconstituer les réserves. Pour la France, GRTgaz annonce que les stocks stratégiques français atteignent à ce jour 56% de leur capacité (50% à la même période l’année dernière).

De nouvelles capacités d’accueil de GNL sur les terminaux méthaniers sont prévues à partir de septembre prochain à Fos Cavaou pour un volume de 11 TWh en 2022 ; sur le terminal méthanier de Dunkerque, des capacités supplémentaires de déchargement devraient aussi entrer en service courant 2022.



Thierry Trouvé
Directeur Général de GRTgaz

Par ailleurs GRTgaz a reçu l’accord de la CRE pour lancer les études sur les possibilités de raccordement d’un terminal méthanier flottant et acquérir les équipements nécessaires. Tout est mis en œuvre pour mettre service ce nouveau point d’entrée dans les meilleurs délais.

LE BIOMÉTHANE : UNE VALEUR STRATÉGIQUE RÉAFFIRMÉE

Thierry Trouvé préconise de mettre en place tous les mécanismes permettant d’accélérer la production de gaz renouvelables qui représentent déjà une capacité de production équivalente à 1 réacteur nucléaire et la France peut parvenir à une capacité nationale équivalente à 2 réacteurs nucléaire d’ici à 2024 si elle s’en donne les moyens ».

Si l’arrêt de l’approvisionnement en gaz russe par gazoduc se confirme dans la durée, GRTgaz prévoit la mise en place de réductions consommation, en particulier en cas d’hiver froid ou de pic de consommations.

QUELLES SONT LES CONDITIONS D’ÉVENTUELS DÉLESTAGES DE CONSOMMATION DE GAZ EN FRANCE ?

Dans le cadre de sa mission de service public, GRTgaz, principal opérateur de transport de gaz en France, veille à l’équilibre quotidien du réseau et des flux de gaz sur le marché français.

Cet équilibre n’est actuellement pas menacé. Mais en cas de nécessité (hiver rude et/ou pics de consommations), GRTgaz peut mettre en œuvre les actions prévues par le décret du 7 avril 2022 relatif au délestage de la consommation de gaz naturel.

Le décret complète des dispositions déjà existantes pour sécuriser l’approvisionnement des sites sensibles (hôpitaux, bâtiments scolaires, installations militaires…), ainsi que le chauffage au gaz des particuliers, tout en maitrisant au mieux l’impact de possibles délestages sur les grands consommateurs français.

Les grands consommateurs français de gaz, dont la consommation dépasse 5 GWh par an, sont concernés au premier chef selon l’ordre de délestage suivant :

  • Les centrales de production d’électricité à cycle combiné gaz de plus de 150 MWe, sous réserve que la sécurité du réseau électrique reste maintenue ;
  • Les grands sites industriels (chimie, raffinerie, pétrochimie, verriers…) et les grands bâtiments tertiaires tels que les centres commerciaux, les salles de spectacle, les stades...

Les autres consommateurs de gaz consommant moins de 5 GWh (bâtiment collectif résidentiel, résidentiel individuel, tertiaire, commerces, petits industriels…) ne seraient concernés qu’en dernier lieu.

En fonction de l’équilibre offre-demande de gaz en France, GRTgaz pourra émettre des ordres de réduction ou d’interruption de la consommation de gaz à réaliser sous deux heures auprès des grands consommateurs raccordés à son réseau et demander aux gestionnaires de réseaux de distribution d’en faire de même auprès de leurs propres clients concernés. Les pouvoirs publics pourront infliger des sanctions pécuniaires en cas de non-respect des demandes des gestionnaires de réseau.     

Modalités de mise en œuvre

Le décret demande à GRTgaz et aux autres gestionnaires de réseaux de mener tous les ans une « enquête délestage » auprès des grands clients ayant consommé plus de 5 GWh l’année précédente afin de connaître les conséquences économiques qu’entrainerait un délestage.

Les préfets de départements seront ensuite chargés, sur la base des réponses recueillies par GRTgaz et par les autres opérateurs de réseau, d’établir par arrêté préfectoral, des listes de clients qui bénéficieront d’une protection supplémentaire dans l’éventualité d’un délestage.

L’objectif étant d’être prêt au plus tôt, et en particulier avant l’hiver prochain, les réponses aux questionnaires adressés par GRTgaz à ses 650 clients concernés seront transmises aux préfectures d’ici l’été.

Un dispositif de dernier recours qui complète les dispositifs existants

Ce nouveau dispositif ne sera activé que lorsque l’ensemble des autres moyens disponibles pour assurer la continuité d’approvisionnement auront été épuisés.

Avant le déclenchement d’un plan de délestage, GRTgaz peut notamment utiliser différents leviers :

  • incitation à la réduction de la consommation de gaz,
  • utilisation des stocks,
  • interruption de fourniture de certains clients industriels ayant signé un engagement à réduire leur consommation sur demande contre une compensation financière (contrats d’interruptibilité).

Ainsi, parmi les 650 grands sites de consommation reliés directement à son réseau, 71 sites ont signé de tels contrats représentant un potentiel d’effacement d’environ 45 GWh/jour, soit 5 % de leur consommation.

Afin de donner de la visibilité aux acteurs de marché, GRTgaz communiquera avant l’été sur l’évolution de la situation et en particulier sur les conditions du bon remplissage des stockages avant le début de l’hiver.

©SYNASAV_Vincent_Devos

Vincent DEVOS
Directeur Général Adjoint

 

GRTgaz : Opérateur majeur de transport de gaz à haute pression, GRTgaz assure une mission de service public visant à garantir la continuité d’acheminement du gaz et s’engage résolument en faveur du développement des gaz renouvelables et de la transition énergétique dans les territoires.

GRTgaz est un leader européen du transport de gaz et un expert mondial des systèmes gaziers. En France, l’entreprise exploite plus de 32 000 km de canalisations enterrées pour transporter le gaz des fournisseurs vers les consommateurs raccordés à son réseau :

  • gestionnaires des distributions publiques qui desservent les communes,
  • centrales de production d’électricité,
  • sites industriels.

GRTgaz assure des missions de service public visant à garantir la continuité d’acheminement du gaz naturel. Avec ses filiales Elengy, leader des services de terminaux méthaniers en Europe, et GRTgaz Deutschland, opérateur du réseau de transport MEGAL en Allemagne, GRTgaz joue un rôle clé sur la scène européenne des infrastructures gazières.

Acteur de la transition énergétique, GRTgaz investit dans des solutions innovantes pour accueillir sur son réseau un maximum de gaz renouvelables, y compris l’hydrogène, soutenir ces nouvelles filières et contribuer ainsi à l’atteinte de la neutralité carbone.